carte des piliers

dans l'ombre,


M-   Ça t’avais fait quoi de danser du Butō lors d’un spectacle devant un public ?

A-    C’est très personnel, ce n’est pas un bon souvenir en fait. Moi d’habitude au moment du salut je suis très enthousiaste. Mais ce n’est pas mon univers, je l’ai fait, mais… Par hasard, il y avait un copain dans la salle et à la fin il est venu me voir et m’a demandé « pourquoi au moment du salut tu ne souris pas ? » Mais on ne peut pas, on est tout maquillé, sans sourcils, tu n’es pas toi, tu es vide ! Il y a des gens qui sont faits pour ça, mais pas moi.

M-   C’est étonnant parce que comme tu en parles cette danse porte une mémoire très douloureuse et j’ai l’impression qu’elle fait entrer la personne qui le joue dans cette même douleur.

A-    Oui parce que ça touche le fond de ce que tu cherches. Ce n’est pas superficiel, c’est profond. Quand tu fais de la danse classique, peu importe que ce soit superficiel, c’est juste la forme qui compte, il faut être belle. Le Butō, ça se situe à l’opposé de ça. Ce n’est pas intellectuel, mais c’est de la pensée. Ce que j’ai appris du Butō c’est que tout ce qui se passe dans la tête se diffuse dans le corps.